17.07.2008

Rend-nous notre pêche, Sarko

Traduction d'une lettre de M. Michael O Driscoll au quotidien irlandais Independent. Un secteur économique à considérer pour ceux qui disent que l'Irlande n'a fait que bénéficier de subventions.


L'histoire de la reddition des eaux de pêche les plus riches du monde, les zones autour de la Grande Bretagne et de l'Irlande, est l'une des plus scandaleuses de l'histoire de l'UE.

Lors des négociations préliminaires à l'entrée de ces deux pays, aucune Politique commune des pêches n'était évoquée, pour la bonne raison qu'elle n'existait pas encore. Aucune législation équivalente non plus.

Mais dans les mois précédant la demande officielle d'entrée, les juristes du Conseil des ministres reçurent l'ordre de dégager du Traité de Rome une base légale pour l'attribution de droits d'accès égaux aux zones de pêche pour tous les Etats Membres. Ces juristes entamèrent pas moins de six tentatives pour trouver une telle base légale dans les articles du Traité.

Malgré leur insuccès, et l'absence de tout fondement légal, une directive fut rédigée pour définir le principe d' "accès égal", qui devint une condition nécessaire pour l'entrée dans la Communauté économique.

Cela autorisa donc les Etats Membres à un accès égal jusqu'à la limite des plages.

Ironie de l'histoire, pendant la même période une conférence des Nations Unies étendit le contrôle national des eaux territoriales jusqu'aux 200 miles, ce qui signifiait que la Grande Bretagne et l'Irlande contrôlaient 85% des eaux de pêche de l'Europe.

Mais elles furent leurrées et abandonnèrent l'accès à leurs eaux, leurrées par des personnes peu scrupuleuses dans la Communauté qui voyaient la requête d'entrée des nouveaux membres comme une occasion de remplacer les stocks de poisson en diminution de la France, la Hollande, la Belgique et l'Allemagne.

On ne répétera jamais assez qu'il n'existait aucune base légale ou obligation dans le Traité de Rome pour la reddition de nos zones de pêche.

L'histoire des manoeuvres politiciennes et juridiques machiavéliques qui furent employées pour en arriver à ce coup continental n'apparut au grand jour que lorsque les documents furent déclassifiés par le Foreign Office britannique en 2000.

Le président Sarkozy pourrait envisager de commencer sa renégociation du Traité de Lisbonne par l'application d'une clause réparant cette injustice.

MICHAEL O DRISCOLL

BLACKROCK, CORK

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