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08.01.2008
Bayrou, entre grandeur et renoncement
Voici un discours que pour ma part j'ai trouvé magistral. Je vous recommande de prendre le temps de l'écouter entièrement, l'interface permettant de faire des pauses.
On constate dans ce discours un Bayrou en tant qu'authentique personnage historique, capable de réaliser la synthèse entre le Oui et le Non. Cela contraste nettement avec l'attitude de ses troupes, qui bien que se réclamant de "l'ouverture" du tout nouveau "Modem", continuent un ostracisme sectaire et d'un autre âge envers ceux "qui ne sont pas européens".
Nombreux en effet sont les militants d'un Non pro-européen qui ont rejoint le Modem en pensant que Bayrou permettait de tourner la page et de développer avec mesure et rationalité une critique de la dérive atlantiste, mondialiste, etc. de la politique européenne, sans tomber pour cela dans un nationalisme de gauche ou de droite, en prônant au contraire une évolution vers plus de démocratie à l'échelle européenne. D'après les échos que j'en ai, ils n'ont pas rencontré chez les anciens de l'UDF une capacité de regarder l'Europe telle qu'elle est actuellement, et d'accepter le débat sur les institutions souhaitables.
Autant ce discours est grand, autant il est ridiculisé par le fait que Bayrou s'est renié quelques jours après.
Ce discours, contenant un engagement fort pour un référendum, fut prononcé le 18 octobre. Voici ce que disait François Bayrou dans Le Figaro dès le 02 novembre:
Le Figaro: Approuverez-vous le traité de Lisbonne ?
Bayrou: On nous avait annoncé un traité simplifié. C'est en fait un traité compliqué, qui a été éclaté en des centaines d'amendements pour que les objections disparaissent. S'agissant de la mécanique institutionnelle qu'il met en place, le traité convient à peu près et c'est la raison pour laquelle je voterai la ratification. Mais pour l'âme, c'est le désert. On a enlevé tout ce qui donnait chair et espoir à l'idéal européen.
Le Figaro: Regrettez-vous que le traité de Lisbonne ne soit pas soumis au référendum ?
Bayrou: Pendant ma campagne, j'avais défendu l'idée d'un référendum, en expliquant qu'il ne fallait pas avoir peur du peuple sur le grand sujet européen. Nicolas Sarkozy s'y était opposé clairement et c'est lui qui a été élu. De surcroît, le texte est devenu carrément illisible pour un citoyen normal. Mais ma crainte est que le fossé se creuse un peu plus entre l'Europe et les citoyens."
A l'heure où j'écris, les très nombreuses contributions des adhérents critiquant le caractère non démocratique du traité sont en voie de "nettoyage" sur le site du Mouvement "démocrate".
10:40 Publié dans Modem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe, Référendum, Traité de Lisbonne, Modem, Bayrou
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